Un mot sur le Finastéride

Règles de Prescription du Propécia ( Finastéride 1 mg ) chez le jeune homme (18 à 41 ans) : indications, précautions d’emploi;  surveillance à court, moyen et long terme; posologie efficace; conclusions

Introduction:

La problématique essentielle de l alopécie masculine est qu’elle est (presque) toujours évolutive sur la durée de la vie..

Il est rare que le processus engagé jeune se termine autrement , au bout du compte que par un crane lisse et luisant, agrémenté d’une couronne hippocratique haute ou basse, selon votre atavisme ..

Le Propécia° ( Finastéride 1mg) apparu il y a une trentaine d’année fut vendu comme pouvant enrayer le phénomène mais force est de constater que le résultat est loin de l’espoir suscité car si au mieux on observe un ralentissement du processus, le traitement est dit suspensif et condamne l’infortuné à une peine à perpétuité.

Il faut en général discuter de la tolérabilté de cette peine… Et c’est bien là que réside l’autre problématique, celle qui préoccupe tout praticien ou patient … comment le prescrire, pourquoi faire et pour qui ?…

Je vous livre ici ma réflexion de praticien (reconnu j’espère) de la greffe FUE de préférence Patchy et ce depuis 15 ans.

Je ne suis aucunement appointé par le laboratoire fabriquant et j’ai plusieurs fois refusé des interviews tendant à démontrer la dangerosité voire la nocivité du produit, suite à certains propos que je ne renie néanmoins pas tenus il y quelques années.

Cette réflexion n’est pas le résultat d’une étude statistique car tous les patients candidats à la chauvitude reçoivent ou s’auto-prescrivent la molécule princeps.. en général le Finastéride 1mg. Elle résulte principalement d’une observation réalisée au fil des années.. Elle n’a donc aucune valeur scientifique, juste empirique et n’engage que moi.

Tout le monde désormais connaît (ou devrait) connaitre les règles de bases de prescription…

En pratique c’est loin d ‘être la cas et l’on observe en réalité la même incertitude que celle observée dans la prescription du THS chez la femme ménopausée, il y a 30 ans justement …

Chacun donne son avis suivant sa connaissance, son vécu et son ressenti.. Bien sur, il y a Internet désormais (les forums surtout) ou l’information est croisée mais aussi parfois sulfureuse et l’on en ressort souvent plus confus que lorsque on s y est plongé.

Qui dit vrai? : le fabriquant qui veut vendre ou le médecin soupçonneux ou encore le patient qui compte ses cheveux tous les jours et qui s’inquiète des effets secondaires à court ou long terme et des précautions d’emploi ?

A /Indication et précautions d’emploi : 3 grands principes

1/ Pour rappel, il est établi que le Propecia, quelque soit la posologie, n’est actif que sur les Vertex et/ou les Mid-Scalp ( zones 3 et 2 ); il est donc inutile de le prescrire pour les avant-têtes ( zones 1). Seule une greffe-de préférence FUE-permettra de restaurer des cheveux sur cette zone.

NB/ cela semble évident mais il faut rappeler au patient que le Finasteride est un traitement suspensif dont les effets disparaissent s’il est arrêté (en général reprise de la chute des cheveux sous 3 mois.. on peut  parfois observer également sur la durée un échappement thérapeutique : cela veut dire en gros, que le traitement marche moins bien. ou plus du tout.)

2/ Il semble par ailleurs inutile d’espérer la repousse d’une zone glabre. On devra surtout rechercher une stabilisation du processus alopécique (diminution ou arrêt de la chute des cheveux ) et obtenir au mieux , sous 6 mois à 1 an une re-densification de la zone en souffrance; au delà et sans résultat patent ( ressenti du patient ou preuves photographiques du praticien ) la poursuite du traitement reste à la discrétion des protagonistes ..en respect du principe universel qui devrait régler toute prescription médicamenteuse :un ratio bénéfices/risques favorable..

NB/ je ne suis pas personnellement favorable à la poursuite du traitement en l’absence d effets patents car si la plupart des effets délétères sont facilement connus et identifiables à court terme, d autres sont plus insidieux et apparaissent sur le moyen ou  long termes et leur gravité peut être sous estimée..
Je ne suis pas favorable non plus a l’initiation systématique d’un traitement lors d’une greffe capillaire sans surveillance particulière…

3/ Il s’agit d une prescription strictement médicale ; Il faut donc éviter de principe l auto-prescription ou la requête de complaisance.

B/ Surveillance à court terme:

1/ Etant établi que le Propécia peut influencer négativement la Spermatogénèse (mobilité et nombre des spermatozoïdes) il est nécessaire de demander un spermogramme de principe a l’entrée du traitement.. un spermogramme perturbé est une contre-indication relative ; un autre spermogramme devra être demandé après 6 mois de traitement…ainsi le médecin et le patient décideront de la conduite à tenir avec l étude comparative des examens successifs.

2/ Surveillance des effets secondaires connus et détectables à l entrée du traitement, essentiellement dus à la non sélectivité du Propécia°, censé être uniquement actif sur les récepteurs Alpha 1 présents au niveau du follicule pileux; de fait on s’attachera à dépister rapidement :

a/ des TROUBLES DE LA LIBIDO et de L’ERECTION assez aisément identifiables par le patient.. nécessitant une adaptation du traitement comme la réduction de la posologie .

b/ des TROUBLES DE L HUMEUR, une DEPRESSION nécessitant de principe l arrêt du traitement car il existe un risque potentiel de suicide.. il faudra vérifier la disparition des symptômes après l arrêt du traitement ..

 

C/ Surveillance à moyen et long terme:

Détection des signes d’ATROPHIE DE LA PROSTATE (prostatisme sans prostate) ; douleurs du bas ventre irradiant dans les testicules ( à ne pas confondre avec des douleurs testiculaires facilement observables sous 15 jours de traitement et qui passant ne nécessitant pas son arrêt); à types de mictions diurnes ou nocturnes augmentant en fréquence, signant l inflammation de la Prostate ( dite Prostatite), prises pour de fausses infections urinaires ( on trouve un ECBU sans germe) inaugurales ou récidivantes, nécessitant à tort une antibiothérapie itérative sans régler le problème pour autant.

Plus rarement et à plus ou moins long terme, on peut citer : détection d’une vraie gynécomastie unilatérale ou bilatérale ( à ne pas confondre avec une fausse relativement fréquente). spontanément régressive à l arrêt du traitement ; il a été décrit sur le plus long terme des féminisations corporelles ( élargissement du bassin) ou des chute de la masse osseuse, mais personnellement, je n en ai jamais observées.

Posologie efficace:

C’ est celle qui permet d obtenir un effet positif sans effet secondaire ; la notice est claire : 1 mg ..le produit étant clairement une anti hormone male ou agissant comme telle via la 5 alpha réductase et non comme une aspirine, la réduction de la posologie ne devraient pas apporter en théorie de diminution des effets secondaires lorsque ils existent; il semble cependant que des patients témoignent dans le sens d’un maintien de l efficacité avec une réduction des effets délétères avec des posologies de 0,5 MG par jour ou de 1 mg tous les 2 jours..d ‘autres schémas sont possibles comme une fenêtre le WE… ( la demi-vie du Propécia étant de 5 à 6 heures, on peut cependant douter de l efficacité de ce dernier schéma) ..

NB/ Il me parait nécessaire de vérifier au bout des quelques années de traitement l’ efficacité du produit et la nécessité de poursuivre sur le long terme par une fenêtre thérapeutique d’ 1 ou 2 mois…car nombreux prennent du Propécia par principe puis routine alors qu‘ils pourraient fort bien s’ en passer..

Conclusions:

Il me parait raisonnable de proposer chez l’ homme jeune atteint d’ alopécie androgéno-génétique un traitement par le Propécia, et ce le plus tôt possible permettant de stabiliser le processus en l’ absence ou accompagnant une greffe capillaire.

La prise journalière de Propécia n’est jamais anodine et ne doit se faire que sous surveillance médicale stricte et régulière. On ne peut pas dire que le produit ne fonctionne pas … il fonctionne dans certaines conditions favorables de distribution enzymatique des récepteur Alpha et donc, il faut souvent « négocier » avec un tel traitement car les effets positifs s’accompagnent souvent d’effets secondaires plus ou moins génants..

Il y a aussi des patients qui ne sont pas sensibles à la molécule ( absence de sensibilité) et d’autres enfin qui ne doivent ou ne peuvent pas le prendre (non sélectivité).

Cependant j’ai pu personnellement observer que le traitement est parfois clairement efficace sur la réduction voire l’arrêt de la chute.. avec par ailleurs un aspect positif sur la cosmétique: épaississement des cheveux présentant des signes de miniaturisation ou encore cheveux graissant moins et devant être lavés moins souvent…

Une surveillance régulière doit être mise en place dès l entrée du traitement qui consistera en:

1/ réagissant à une modification de l’ humeur en-dehors de tout contexte suggestif ..
2/ prescrivant un spermogramme régulier si le traitement doit se poursuivre ..
3/ vérifiant le volume de la Prostate par une échographie endo-rectale. (le taux de PSA étant influencé à la baisse par le Propécia; ce dernier ne peut être utilisé)e sujet

DERNIERES NOTES IMPORTANTES :

1/La prescription du finastéride est désormais encadrée par un consentement éclairé qui doit etre signé à la fois par le médecin et le patient.

2/ Il existe une forme TTS (gel) dont le nom de spécialité est FINCREZO° . les premiers retours remontent le même genre d effets secondaires observés avec la forme orale..

 

NB : Seule une consultation médicale permet d’établir un diagnostic personnalisé et adapté à chaque patient.

 

Tout droit réservé à Dr Bruno MOUSSEIGNE